Jerusalem: un projet immobilier sème la discorde entre Israël et Washington
A la Une Ajouter un commentaire"Nous n'acceptons pas que des Juifs n'aient pas le droit de vivre et construire où que ce soit à Jérusalem-est", annexé depuis 1981, a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il a tenu ces propos après la convocation de l'ambassadeur d'Israël à Washington, Michael Oren, au département d'Etat pour s'expliquer sur ce projet. L'administration du président Barack Obama exige depuis plusieurs mois un gel total de la colonisation juive pour relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens.
Il est "impossible de transiger sur la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem. Cela doit cesser", déclarede son côté un des principaux négociateurs palestiniens, Saëb Erakat.
Controverse concernant le propriétaire du bâtiment
Le terrain prévu pour les vingt logements a été saisi en 1968 par l'Etat d'Israël puis racheté en 1985 par l'homme d'affaires juif américain Irving Moskowitz, bailleur de fonds de l'association nationaliste Ateret Cohanim vouée à la judaïsation de Jérusalem. "Les papiers auxquels se réfèrent les autorités israéliennes sont des faux (...) Ce bâtiment appartenait à la famille du grand mufti de Jérusalem Hadj Amine Al-Husseini", affirme aux journalistes Adnan Al-Husseini, le gouverneur de Jérusalem relevant de l'Autorité palestinienne.
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a pourtant autorisé le projet controversé, à condition que le bâtiment historique en question soit préservé.
Jerusalem-Est, un territoire convoité
Israël a conquis en juin 1967 puis annexé la partie orientale de Jérusalem, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette démarche. Les Palestiniens entendent y installer la capitale de l'Etat auquel ils aspirent et Cheikh Jarrah est justement l'un des quartiers arabes les plus prestigieux de ce secteur. Beaucoup de consulats étrangers (France, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Suède) y sont installés dans de coquettes villas entourées de jardins.
"Nous sommes heureux que les Américains veuillent empêcher la poursuite de l'occupation" israélienne, déclare Abou Dabat Wahil, un Palestinien récemment exproprié dans le cadre d'un autre projet de colonisation dans ce quartier. Mais les injonctions de l'administration américaine sur un gel de la construction à Jérusalem-est ont suscité un tollé de l'ensemble de la classe politique israélienne. "Jérusalem unifiée est la capitale du peuple juif et de l'Etat d'Israël sur laquelle notre souveraineté ne saurait être remise en question", a réaffirmé dimanche M. Netanyahu, qui a reçu l'appui de la chef de l'opposition, Tzipi Livni.
Quelque 190.000 Israéliens vivent dans une douzaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-est aux côtés de 270.000 Palestiniens.
(Belga)
Le projet de construction de vingt logements juifs à Jérusalem-est a provoqué dimanche une nouvelle passe d'armes entre Israël et les Etats-Unis sur la colonisation dans les territoires occupés.
Derniers Commentaires